dimanche 7 mai 2017

Tournée de distribution des livres dans les prisons du sud et du centre de la Tunisie dans le cadre de la collecte de livres pour les bibliothèques des prisons tunisiennes (1)

Ce matin là il  faisait  vraiment froid. Un vent glacial soufflait en rafales. Nous étions au milieu du mois de Mars et malgré  le fait que les premiers jours du mois ont été relativement cléments avec un soleil réchauffant, ce jour -là a été furieusement torturant.

Mon père et moi  grelottions au péage de Mornag. Nos valises étaient juste à côté. Nous avons vu défiler des centaines de voitures avant d'apercevoir le mini-bus qui allait nous transporter au sud tunisien pour remettre des livres à certaines prisons tunisiennes. Des livres que nous avons collectés tout au long d'une année. Des livres généreusement offerts par des citoyennes et des citoyens tunisiens imbus des principes de solidarité mais aussi par des étrangers qui  portent en eux une grande affection pour la Tunisie. 

Dans le bus,  l'ambiance était bon enfant. Pourtant, dans un autre temps, dans des circonstances normales; et par circonstances normales, je fais allusion à des temps pas très lointains où la dictature nous étouffait et nous bafouait nos droits les plus fondamentaux, les personnes qui étaient à bord ne pouvaient peut être pas s'adresser la parole dans un lieu public. A bord il y'avait des responsables de la Direction Générale des Prisons et de la Rééducation( DGPR) , ainsi que certains de ses agents, mais aussi des représentants de l'Organisation Mondiale Contre la Torture ( OMCT), des journalistes, et puis il y'avait mon père et moi. Nous ne  sommes pas aperçu de la longueur du trajet.  Tout le monde rigolait et on se partageait des histoires et des anecdotes. Un autre véhicule nous suivait.Il était entassé de cartons de livres. Des livres de tous genres et dans différentes langues. Je me suis  installée au fond du bus et je me suis mise à observer  ce petit monde devant moi.  Je me suis égarée dans mes pensées. Je n'ai jamais pensé que j'aurais un jour l'occasion d'avoir des partenariats avec des gens de la DGPR. Je n'avais jamais pensé que j'aurais un jour l'occasion de visiter  une prison sans des menottes et sans une peine annoncée par un juge corrompu, loyal à un dictateur  fou furieux qui a terrorisé toute une population. J'avais déjà fait une dizaine de visites dans différentes prisons de la Tunisie.


 A un certain moment, je m'étais égarée dans mes pensées et j'essayais de me convaincre qu'un certain changement était entrain de s'installer dans ce pays.  Par ces temps difficiles et arides, dans ce tunnel furieusement sombre  j'essayais de distinguer une lueur d'espoir.  Je cherchais à me consoler face au désespoir qui s'était installé sur  tout un pays juste après une période d'euphorie révolutionnaire qui s'était rapidement évaporée.


A la Prison de Sfax: 

Un freinage brusque m'a tirée de mes cogitations. J'ai levé  ma tête et j'ai aperçu l'écriteau signalant   la prison de Sfax. Nous sommes arrivés à destination. Des gardiens de prison et des responsables  dont le directeur de l'établissement nous attendaient déjà. Certains souriaient, d'autres étaient plus sérieux. Après l'application des mesures de sécurité nécessaires, le grand portail nous a  été ouvert. Nous  avons  eu droit au passage obligatoire par le bureau du directeur de la prison, mesure protocolaire inévitable. Pendant tout ce temps, j'essayais de surmonter mon angoisse. Je pensais à mon père et à ce qu'il pouvait ressentir en visitant différentes prisons, lui qui a passé  ses années de jeunesse  dans différentes cellules de différentes prisons de la Tunisie. J'angoissais à la vue des tours de contrôle, des différents portails qui se refermaient derrière nous l'un après l'autre engendrant ainsi un sentiment d'insécurité, des fils barbelés,  et des gardiens. Des images défilaient devant mes yeux. Toutes les histoires de torture racontées par des anciens prisonniers que j'ai pu rencontrer repassaient dans ma tête. Mais le sourire de Papa, les anecdotes et les plaisanteries  qu'il racontaient me redonnaient du courage.

Après les discours officiels, nous nous  sommes dirigés  vers une annexe de la prison qui s'est  avérée être un nouveau complexe culturel et de formation . Nos livres allaient être installés la-bas, dans la nouvelle bibliothèque.





Tout le monde s'est enthousiasmé pour  le déchargement des cartons de livres de la petite camionnette  de la DGPR vers la nouvelle bibliothèque. En quelques minutes, les livres  ont été  placés  sur de grandes tables, en attendant l'installation de nouvelles étagères. Des caméras filmaient la scène et nous avons eu droit à d'autres discours officiels.

Avec une grande insistance, le directeur de la prison nous a invités  à déjeuner. Nous n'avons pas pu décliner cette invitation. J'en ai profité pour visiter l'ancien complexe culturel et de formation. Dans une petite chambre qui servait de salle de  classe, une enseignante  donnait un cours à quelques prisonniers très attentifs. La chambre avoisinante était très étroite et des étagères cachaient tous ses murs. Je me suis aperçu que j'étais  dans l'ancienne bibliothèque. J' y ai retrouvé l'un des gardiens qui a pu bénéficier d'une formation pour les agents bibliothécaires pénitenciers assurée par l'OMCT et la DGPR quelques jours avant. Il m'a expliqué  la manière du fonctionnement de sa bibliothèque et de la distribution des livres aux prisonniers.



Après le déjeuner, nous avons repris la route vers une autre prison qui se localise plus au sud et je parle bien de la prison de Harboub à Medenine . La prison où je serai  probablement emprisonnée si le juge déciderait  ainsi en ce qui concerne l'affaire de mon agression par une vingtaine de policiers à Djerba en 2014 mais cela c'est tout une autre histoire que j'ai déjà raconté ailleurs et que je raconterai encore jusque' à ce  que justice soit faite.


Mais là je m'arrête ici et je réserverai à cette prison un autre billet.

Pour mieux connaitre la collecte de livres pour les bibliothèques des prisons, cliquer ici .









samedi 6 mai 2017

تأملات متألّمة

أهيم في أفكاري و أضيع بين ثنايا تأمّلاتي فتسكنني صورة فلا تخبو : صورة ذلك الجندي الذي فقد رجلا و جزءا من يده في انفجار ذلك اللغم اللعين في أحد جبال القصرين. صورة ابنيه و زوجته ووالدته و أفراد عائلته تسكنهم الحيرة و يمزّق أحشاءهم الخوف و الألم .



أهيم في أفكاري فأتساءل لماذا ننسى و نتساهل ؟
لماذا يضع اليعض أياديهم في يد القاتل المجرم الذي استباح البلاد و العباد ؟

أضيع بين ثنايا تأمّلاتي فأبحث عنّا , عن رفضنا للظلم و وقوفنا أمام مصاصي الدماء؟

أهيم في أفكاري فأخاطب ربّهم مستفسرة إيّاه عن سكوته أمام الظلم و القهر . أيّ رب هذا الذي تعبدون ؟ أيّ ربّ هذا الذي باسمه تقتلون ؟ من أيّ طينة صنعتم ؟ و عوض القلب ماذا تملكون ؟ تبّا لكم و لربّكم عاشق الدماء , مبارك القتل ياسم الدين و السماء
أضيع بين ثنايا تأمّلاتي فتقتلني هذه اللا مبالاة و هذا الجفاء . الى متى سنصمت أمام الدم و المجازر و شلالات الدماء ؟
مانيش مسامحة
مانيش باش ننسى

dimanche 30 avril 2017

مانيش مسامح 3 مسيرة ضدّ الفساد




كم اعترتني السعادة أمس و أنا أشارك في مسيرة "مانيش مسامح" ضدّ قانون المصالحة الاقتصادية الذي يصرّ ساكن القصر و المحيطين به على تمريريه .
رغم بذاءة الموقف شعرت بالسعادة .
أتحدّث هنا عن بذاءة لأنّني لم أتخيّل أنّنا و بعد أن حدث و ما حدث و بعد أن سقط شهداء 
و تألّم جرحى سنضطرّ للخروج للشارع ضدّ قانون يحمي الفاسدين و يشرّع للفساد يأنواعه شعرت بالسعادة لأنّني رأيت أنّ للثورة شعب يحميها و شباب يؤمن بها . 
شباب و شبات " مانيش مسامح "كانوا أكثر من رائعين و نجحوا في تنظيم المسيرة و نجحوا خاصة في تحفيز الناس و دفعهم للمشاركة فيها بعد أن ابتكروا أساليب جديدة للاحتجاج و كسروا كلّ الكليشهات و خرجوا عن أساليب الاحتجاج القديمة و ابتكروا شعارات تخاطب الجميع بعيدا عن الخطابات المنمّقة و و الكلمات و الجمل المعقّدة .
شكرا لكم شكرا .
يا ساكن القصر قانونك لن يمرّ و مسارنا الثوري مازال متواصلا . أمس كنّا الاف ضدّ الفساد و ان مرّ سنكون مئات الألاف .

vendredi 28 avril 2017

A la découverte du Domaine Neferis

Il y'a quelques jours je suis partie faire de l'œnotourisme et c'est au domaine  Neferis que j'ai atterri. 

Le domaine niché entre les collines de Grombalia à 40 kilomètres de la capitale Tunis  est une merveille. C'est un endroit qui regorge d'histoire. Il s'agit d'un domaine  colonial dont les bâtiments datent de 1839. Son histoire, cependant,  remonte à des milliers d'années comme l'indique les sarcophages  qui décorent  ses jardins. 

Le domaine fait partie du circuit touristique culturel "Sur les traces de Magon entre la Sicile  est  la Tunisie"  dont l'objectif est de valoriser le patrimoine archéologique et la  culture du vin. 
Il ne faut pas oublier que la Tunisie a une longue histoire de production de vin et qui remonte à plus de 2800 années. 








Une fois le chemin qui serpente au milieu de 450 hectares de vignoble est arpenté, on se retrouve face à un château qui se dresse fièrement. 







Rached Kobrosly, responsable qualité au domaine Neferis, nous y a reçu avec le sourire. Il nous a  guidés dans un  tour du domaine tout en nous racontant son histoire et nous expliquant les différentes étapes de la production du vin. Nous avons visité les anciennes caves mais nous avons aussi découvert les dernières techniques du traitement des vignes pour produire du bon vin. Par la suite une leçon sur les différents cépages s'est imposée. 





Et pour conclure  le tout en beauté nous avons eu droit à une bonne séance de dégustation de différents vins produits dans le domaine. Dans un salon du château qui donne sur les collines vertes de vignes,  a été dressée  une table avec différents produits du terroir : des fromages , de l'huile d'olive dorée et pure, et du pain fait maison ainsi que différents types de vins produits sur place. 





Je pense que cette expérience est formidable et singulière. En effet, elle permet de découvrir la Tunisie autrement et assure une alternative au tourisme de masse. Elle offre détente et culture à la fois. 







lundi 24 avril 2017

"نو" : عندما يعانق المساجين الحرية من خلال المسرح

أعيش منذ عام و نيف تجربة فريدة في علاقة بالسجون و مراكز الاصلاح التونسية و هي مبادرة جمع الكتب لفائدة مكتبات السجون التونسية و هي مبادرة أطلقتها صحبة والدي قبل أن نشترك فيها مع المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب .  و قد 
  مكّنتني هذه التجربة من الاطلاّع على تجارب عديدة تسعى الى تكريس ثقافة حقوق الانسان و الى ترسيخ الدور الاصلاحي للمؤسسات السجنية  . 

 و ساتحدّث هنا عن تجربة شدّتني  بصفة خاصة و هي تجربة المخرج السينمائي  التونسي  المقيم بفرنسا كمال رقية  من خلال جمعية "عيون السمع" التي يترأسها  . و هي تجربة خاضها في  السجن  المدني بالمهدية مع مجموعة من السجناء   
من ذوي الأحكام الطويلة  و قد سنحت لي الفرصة لمشاهدة الانتاج الاوّل و الثاني لهاته التجربة .
كانت التجربة الأولى تجربة سينمائية انطلقت بمجموعة من  ورشات العمل التي كان نتاجها مجموعة من الافلام القصيرةالتي عرضت بقاعة "الريو" بالعاصمة  بحضور السجناء  و كان العرض مشفوعا بنقاش شارك فيه اطارات من الادارة العامة للسجون و الاصلاح   و حقوقيون و اعلاكيون بالاضافة الى منجزي العمل .

أمّا التجربة الثانية فهي مسرحية .و قد تمكنّت من حضور عرض مسرحية "نو" المقتبسة  عن جمهورية أفلاطون و ذلك يوم 29  مارس 2017 حيث خرج 10 مساجين من السجن المدني للمهدية ووقفوا على ركح مسرح دار الثقافة ابن رشيق 
 ليقدموا عرضا مسرحيا  تواصل لاكثر من ساعة و نصف  وسط جمهور غفيرفقد امتلات المقاعد و اضطرّ بعض المتفرجين لمواكبة العرض وقوفا  . 

عرض أبدع في أدائه السجناء فخلنا أنفسنا أمام ممثّلين محترفين قضّوا السنين الطوال  في دراسة المسرح و التمثيل . عرض أسال دموع الممثّلين و الحاضرين سواء . عرض سهر المخرج و مساعدوه و خاصة منهم  السيد محمد الدخلاوي  مدير ادارة التنشيط المسرحي المتخرّج من المعهد العالي للفن المسرحي و الذي عمل على  تسيير و ادارة ورشات الكتابة  الجماعية النابعة عن قراءات لنصوص جمهورية افلاطون 






و قد كانت رسالة هذا العرض واضحة فهو يسعى الى تغيير نظرة المواطن الى السجن و  السجين  بالاضافة الى اعتماد الثقافة كوسيلة للاصلاح   و التاهيل و التكوين  و هذا ما تحدّث عنه صاحب الفكرة و الساهر عليها الاستاذ كمال  رقية  في كلمته قبل العرض حيث دعا الى اعتماد المسرح  و الثقافة بصفة  عامة  كوسائل  لتغيير المنظومة السجنية  و اعادة ادماج السجناء في المجتمع . 
و قد تفاعل كلّ الحضور مع العرض فصفّقوا للممثلين لفترة طويلة بعد العرض و اختلطت دموعهم بدموع هؤلاء . 

Collecte de livres pour les bibliothèques des prisons/Books for Tunisien Prisons /حملة جمع الكتب لفائدة السجون التونسية


يوم مثمر بالنسبة لحملة جمع الكتب لفائدة السجون التونسية . اذ تحصلنا على مجموعة هامة من الكتب من بيت الحكمة . كما أخذنا كتبا اخرى من اجى نقاط التجميع بالمرسى و سلمتنا صديقتنا ماري كلار مجموعة هامة من الكتب . الحملة لازالت متواصلة .


-Une grande donation de la part de l'Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts Beit Al-Hikma.
- Des livres récupérés chez  Artyshow.
-Des livres récupérés chez ma chère amie Marie Claire VW. 

La collecte se poursuit ! 
A Successful Day for our initiative 'Books for Tunisian Prisons": 
-We received a great donation of books from the Tunisian Academy of Sciences, Letters and Arts Beit Al-Hikma.
- We collected Books from Artyshow.
- Our Friend Marie Claire handed us an important number of books. 
The initiative continues !







lundi 10 avril 2017

وداعا رجاء A Dieu Raja








أكره مكالمات ما بعد منتصف الليل
تخيفني بل تريعني
فهي عادة ما تحمل معها رائحة الموت و تعلنه
البارحة قفزت من السرير راجفة عندما رنّ الهاتف الملعون معلنا الرحيل المحتوم
رحلت رجاء قالت لي رانية
خبر يصعب استيعابه
رحلت رجاء التي استقبلتني منذ ايام معدودة في مدار قرطاج بالابتسامة و الدعابة
رحلت رجاء التي كانت تضجّ طاقة و صحة
رحلت تلك التي كانت تبعث أملا .
و في لحظة استعدت في ذهني كلّ الماسبات التي جمعتني بها قبل و بعد الثورة
محطة مسرحية و نضالية فرجاء كانت دائما على الوعد و في الموعد
هاهي شامخة على خشبة المسرح
هاهي واقفة في خيلاء في الشارع و أمام المحاكم
هاهي صامدة أمام كيد الكائدين في ساحة باردو
هاهي تهدينا مسرحها من أجل هذه القضية أو تلك
هاهي تواجه جشع أولئك الذين يريدون اغتصاب مسرحها لا بل اغتصاب حقّنا في فضاء
ثقافيّ رعته كما ترعى الامّ طفلا
رحلت صاحبة القلب الكبير
رحلت صاحبة الابتسامة الجميلة و القامة الشامخة
لكن أبدا لن ترحل ذكراها .
وداعا رجاء


A Dieu la belle
A Dieu La rebelle
A Dieu l'artiste

مجرد رأي

نحن شعب لا يتعظّ من ماضيه و لا يحفظ دروس التاريخ و كأنّني بنا شعب قصير الذاكرة أو دعوني أقول معدوم الذاكرة. تستهوينا بعض عروض التهريج في مج...