vendredi 9 septembre 2016

Une année de ma putain de vie !

Ces jours-ci j'ai bien envie d'écrire.J'essaye de le faire comme je le peux . J'écris des textes dans ma tête. Oui j'écris plein de textes mais dés qu'il s'agit de les coucher sur du papier ou de les taper sur un clavier , les mots m'échappent et  s'enfuient au  grand galop. Bon, comme je le faisais lorsque j'ai commencé à bloguer je vais raconter  un bout de ma vie.Je vais parlais d'une année de ma vie.

J'avais toujours eu une vie relativement organisée. J'avais un boulot régulier et je m'adonnais en parallèle à ma passion: être une activiste et une blogueuse. Mais comme la vie nous réserve souvent des surprises, ma vie a basculé . L'année dernière, j'ai perdu mon travail et cela a bousillé toute ma vie. Certes, les gens voient que  je passe chaque jour des heures et des heures à travailler, à participer à des conférences ici et ailleurs et à mener des actions sociales   mais ce que je fais est non rémunéré. C'est vrai que je suis plus ou moins arrivée  à subvenir à mes besoins en faisant des petites traductions ou en écrivant quelques articles. Cependant, le plus grand problème auquel je devais faire était  plutôt psychologique. Chaque matin je me suis réveillée  avec des doutes , avec un sentiment d'insécurité , et de crainte . Il m'est même arrivé de me réveiller au milieu de la nuit à cause  d'un cauchemar lié au chômage. En voyant que je continuais ma vie normalement, mon entourage n'arrivait pas à comprendre mon souci. Ils n'arrivaient pas à comprendre que c'était une histoire qui dépassait les soucis financiers. Personne n'a remarqué que j'étais entrain de sombrer dans une période sombre de ma vie. 

J'ai toujours utilisé l'argent que je gagnais au boulot  pour mener des actions dans le cadre  de ma passion d'activiste.Je n'ai jamais créé d'association et je n'ai jamais reçu de fonds.Je consacrais ma vie et mes propres moyens pour ce que j'aimais le plus. Aujourd'hui, des gens me reprochent la diminution de mon activité tout en n'essayant pas de comprendre le comment et le pourquoi de la chose. Personne n'arrive à croire que j'ai toujours fais ce que je faisais avec mes propres moyens. Je ne me rappelle même plus du  nombre de fois ou j'étais lynchée gratuitement  à cause de ma nouvelle situation. Les gens te demandent toujours plus tout en fermant les yeux devant tes conditions. 

Je ne vais pas continuer à me lamenter sur mon sort car comme tout le monde j'ai connu des hauts et des bas. 


Sur un plan personnel, j'ai perdu beaucoup de mes amis qui ne supportaient pas le fait que je sois toujours accompagnée  d'un policier. J'ai par contre rencontré un mec brave  qui a égayé ma vie. Le fruits de notre rencontre  ont été multiples: de l'amour beaucoup d'amour   des fous rires sincères, un jardin perché, des instants infinis de complicité et d'amour, 1 chat et 3 chatons , des sorties et des folies, des rêves et des promesses, des petites et de grandes disputes, quelques lettres d'amour que j'ai déjà partagé et que je repartage avec vous : 

Lettre à mon soldat( 29 mai 2015): 

En ce moment même, des milliers et des milliers de kilomètres nous séparent.
Tu me manques et je sais que je te manque aussi. J'ai très mal mais le fait de savoir que nous sommes tous les deux entrain de nous battre, chacun à sa manière , pour notre beau pays me console. Là ou je suis, je pense à toi à chaque instant.Je n'arrête pas d'imaginer les difficultés et les dangers auxquels tu fais face. Et je me demande souvent comment une personne qui vit dans tes conditions puisse être si douce ,attentionnée, sympathique , tendre et aimante.Tu m'as redonné l'amour de la vie et l'envie de rire. Tu as éclairé mon chemin si sombre et ardent. 

Bref, Je t'aime si fort !




Lettre à mon soldat (2) ( 31mai 2015):

La nuit fut longue pour moi. Ton image hanta ma nuit. Les beaux souvenirs se bousculèrent dans ma tete, sans répit . Je pensais à toi, à tes collègues qui s'étaient sacrifiés pour la patrie, à tes douleurs et tes larmes et ton corps meurtri suite à des heures de travail...( infinies).

Je pensais à nous, à nos petites joies et plaisirs de la vie, aux quelques heures de tendresse offertes par la vie. Je revoyais nos ballades nocturnes, nos soirées bien arrosées,nos heures passées à la cuisine pour préparer un mets, nos discussions , nos rires bruyants, nos larmes et nos folies ...

Je t'aime.


Lettre à mon soldat (3) (15 juin 2015):

La nuit a été si longue. Les images des heures qui nous ont réunis se bousculèrent dans ma tête; des heures qui se sont écoulées si rapidement.
Le sommeil a déserté ma nuit et un cauchemar l'a hantée : un serpent me guettait .
Et puis sont tombées , les nouvelles du pays: des actes terroristes , des martyrs et du sang qui a coulé. 

Cher soldat , 
En ce moment meme je suis déchirée entre espoir et peur , entre amour et haine , entre joie et peine . Et je pense à toi ou que tu sois.

Lettre à mon soldat (4) (1 juin 2016): 

Cela fait une année que je ne t’ai pas écrit. Ce matin le réveil n’a pas été simple. Perde un membre de la famille n’est jamais facile. Oui Max en était un. La nuit fut longue et la douleur fut intense. Des images se faufilaient devant mes yeux et hantaient à jamais ma mémoire. Des images de bonheur familial ainsi que les dernières images d’un chat agonisant. Le réveil n’a pas été simple car d’habitude, c’est avec lui que commence mon matin. Ayant passé la nuit entre mes bras, il commençait à miauler dés que je bougeais et descendait du lit pour me guider vers la cuisine. Un scénario qui se répétait chaque jour depuis cinq années.
Hier, j’ai dormi seule . Les autres chats m'ayant ignorée royalement. Je me suis réveillée en sursaut plus d’une fois pour l'appeler mais en vain … Pas de miaulement et pas de chat tendre pour me tenir compagnie et mettre fin à ma solitude. Tes coups de fil m’ont certes aidée mais la séparation est si dure à vivre. Les autres chats me toisent et font naitre en moi un sentiment de culpabilité. Bref, j’attends ton retour avec impatience. J’ai besoin de ta tendresse et de ton sourire.
Je t’écris après une année qui n’a pas été facile pour nous deux. Nous avons été soumis à de rudes épreuves. Nous avons réussi à dépasser certaines d’entre elles. Nous luttons encore pour dépasser d’autres .Je ne vais pas m’étaler sur les détails ici.
Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour te dire que je t’aime et que je tiens à toi. Je pense à toi sans cesse et j’essaye de m’adapter à la distance, à la souffrance, au sentiment d’effroi que je vis chaque fois où le contact entre nous n’est pas possible et que les nouvelles sont terrifiantes …
Certes je ne pourrai jamais être à ta place, mais sois sûre que ta souffrance est mienne.
Je vais m’arrêter ici …
Mes larmes coulent et coulent … Entre la perte de Max et nos souffrances je me sens perdue …



Lettre à mon soldat (5)(14juillet 2016) 

A chaque départ, c’est la même histoire et le même scenario qui se répète …
Je te dépose à la station de bus, nous nous embrassons, nous échangeons quelques mots tout en souriant et feignant la joie … Tu prends ton sac à dos tu me souris et tu t’en vas … 
Je te suis dans le rétroviseur … Tes pas sont hésitants mais tu essayes de cacher cela …
Je reprends la route. Je roule à grande vitesse et je remonte le volume de la musique … 
Comme à chaque fois tu m’appelles quand je suis au niveau de la maison de tes parents.
Je continue mon chemin avec une seule envie qui me hante : arriver, me déshabiller, me jeter sur le canapé et pleurer. 
Chaque fois que je le fais je revois tous les instants et je me rappelle de tous les détails. Ah ce canapé quand je dormais et que tu me surveillais avec toute la tendresse du monde.
A chaque départ, une partie de moi s’en va avec toi et un organe se détache du reste du corps. 
Je ne sais plus choisir mes mots pour te décrire ce que je ressens. Mon vocabulaire se rétrécit chaque fois ou l’envie de t’écrire m’envahit. 
Certes nous avons connu des tempêtes et des intempéries qui sont venus perturber nos journées calmes et nos nuits paisibles. Certes nous avons connu des tourbillons et des tremblements de terre si déstabilisants. Néanmoins nous avons su dépasser.
A chaque départ je suis le bébé dépourvu de sa maman et le jardin vidé de ses plantes. Oh que je suis seule et triste !

Là en ce moment , je n'ai qu'une seule envie, me blottir dans tes bras, fermer mes yeux et t'embrasser, goûter à la douceur de tes lèvres et fondre dans une étreinte folle . Ne plus sentir que nos deux corps entrelacés .Ne plus entendre que nos deux coeurs dont les battements s'accélèrent.
Je t’aime mon soldat.


Tout au long de cette année, j'ai continué à voyager et à faire des rencontres incroyables.J'ai découvert de nouveaux pays et de nouvelles cultures et civilisations .J'ai aussi continué à mener certaines actions mais celle dont je suis fière c'est celle de la collecte des livres pour les prisons tunisiennes . C'est grâce à mon père que tout a été fait. J'ai aussi rencontré une nouvelle génération d'activistes tunisiens qui réussiront surement    à réaliser de grands  changements positifs en Tunisie et ailleurs et c'était dans le cadre de la campagne contre la loi de la réconciliation économique  Manich Msameh . Je me suis aussi battue pour la cause des animaux et j'ai  essayé  de bloguer et d'administer ma page facebook , et mon compte Twitter comme je l'ai pu. J'ai fait quelques apparitions TV , des centaines d'interviews, ainsi que des passages radios. J'ai crié pendant des dizaines des manifestations . j'ai aussi inspiré des gens et des gens m'ont inspirée. J'ai eu de nouveaux chats et j'ai aussi perdu des chats . J'ai vu des films et assisté à des concerts et j'ai lu beaucoup de livres.J'ai écrit . Parfois j'ai convaincu , d'autres non. J'ai perdu des amis. Parfois j'ai pleuré , d'autres non. Je suis sortie , j'ai dansé , j'ai ri , j'ai pleuré. J'ai eu aussi l'occasion d'être interrogée dans un tribunal et j'ai été arrêtée  une nuit dans un poste de police. 


C'est à peu près ce que j'ai vécu mais aujourd'hui je me sens perdue ... Je ne sais plus ou je vais. Une chose est sûre c'est que je continuerai ce que j'ai commencé. J esquiverai ma passion  jusqu'au bout . J continuerai à aimer mon pays et à le chérir plus que tout dans ce monde mais je ne sais pas si je vais y arriver ...


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