jeudi 27 mai 2010

Tomber sept fois , se relever huit

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Dans son livre « Tomber sept fois, se relever huit », l’écrivain, journaliste, et réalisateur  Français Philippe Labro nous relate son expérience  personnelle avec une maladie : la dépression nerveuse durant la période allant de Septembre 1999 jusqu’ en Mai 2001.
Le titre du livre est emprunté a un poème populaire japonais « Telle est la vie
                                                                                                                  Tomber sept fois
                                                                                                                  Et se relever huit. »

Des vers qui  nous font penser  a un proverbe et qui portent et transmettent le sens du défi, de la résistance, et du refus de la défaite. 
Dans ce récit l’auteur nous retrace les détails minutieux  de sa descente aux enfers  de la dépression nerveuse, dont personne n’en est a l’abri  comme il nous le  raconte lui-même : « Nul, n’est a l’abri, la dépression est en augmentation constante depuis de nombreuses années. De plus, en plus de gens connaitront un épisode dépressif au cours de leur vie. C’est pourquoi elle est d’ailleurs considérée comme la maladie du siècle par certains spécialistes ».
 IL nous fait part de ses maux à travers  des mots et des phrases simples mais expressives. Il alterne entre la description  de ses propres sentiments, soucis, doutes  et douleurs psychologiques, comme il le fait ici : « ‘ Je ne sais pas ce que j’ai’ est une  phrase inexacte. Il faudrait dire :’ je ne sais pas ce que je suis’.»,  et entre  les signes cliniques de la maladie, comme quand il décrit son réveil  matinal en sueur : «  Lorsque je me réveil, je suis en nage, c’est une image facile, elle ne raconte rien. Il faut corriger  je ne suis pas en nage, je baigne dans ma sueur, ça sent cette odeur de vêtements usés quand on visite un appartement à  vendre »,  ou encore : «  Tu te réveilles en sursaut, en plein après midi, le cœur battant, effrayé par ce seul acte du réveil, par la conscience de ton corps déréglé, tu trembles de froid, tu es en nage », ou aussi en nous décrivant une séance avec son médecin :
« -Montrez-moi vos mains, là, mettez-les à plat au-dessus du sol, écartez les doigts et tendez les.
Je me lève et m’exécute. Ca tremble, que dis-je, ça tremble, ça branle à la façon des os des foires foraines, ça grelotte, ça trémule, ils ont la danse de Saint-Guy, les doigts, ils font la gargouillarde. »
Page après page on découvre l’évolution de la maladie, les différentes réactions des siens,  ses comportements vis-à-vis sa famille, ses psychiatres et thérapeutes, et même ses médicaments : 
« Les antidépresseurs ! Je les avais abordés avec crainte, avec la même réticence avec laquelle j’avais approché celui qui les prescrivait, l’homme de science, le médecin. »
L’homme nous transmet les réactions de son entourage, de chacun des membres de sa famille, qui l’ont soutenus jusqu’au bout, de ses amis, et de certaines personnes qui l’ont dénigré : «  Et je n’appellerai pas les gars a la station. D’ailleurs, ils le savent déjà, ils se sont fait une raison, ils n’attendent plus mes appels. Ils ont suffisamment entendu la rumeur : - Il est foutu. »
Vers la fin du livre, l’auteur nous conte les premiers signes de sa guérison. Il nous décrit la patience de sa famille et leur rôle dans sa victoire contre la maladie.
Le livre est un appel à la compréhension de cette maladie qui apparait subitement sans prévenir : «  C’est arrivé subrepticement, sournoisement, sans prévenir, une vraie saloperie, une lente et insidieuse pénétration. Je suis l’esclave d’une chose indéfinissable qui est entrain de me détruire et je lui obéis sans aucune résistance. » . Le livre est a la fois utile aux gens qui souffrent de la dépression et a ceux qui les entourent sans pour autant être un livre médical, il détaille tout a propos de la maladie mais il relate aussi le coté humain et l’importance  du soutien moral. Il peut aussi  être  utile  a ceux qui souffrent de la dépression sans le savoir , à ceux qui souffrent de  cette maladie sans trouver du soutien  et en finissent mal comme l’ami de l’auteur qui a fini par se suicider : «  J’aurais tellement aimé pouvoir accomplir le même geste de solidarité a l’égard de Bernard, un véritable ami, lui, qui , s’est tué d’un coup de fusil pendant l’hiver, à la stupéfaction de ceux qui l’aimaient. Si seulement j’avais compris, lors de notre dernier coup de téléphone, qu’avait retenti comme une frêle sonnette d’alarme cette tonalité morne et morose dans une voix que j’avais toujours connue éclatante, énergique et dynamique. »




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