samedi 28 mai 2016

Abattage des chiens errants en Tunisie: une pratique barbare qu'on doit stopper !

Depuis quelques mois, des  bruits  de balles réelles hurlantes accompagnés des aboiements  de chiens effrayés retentissent quotidiennement  et ne cessent  de déchirer  le silence de la nuit. En effet, chaque soir des agents des municipalités de différentes villes tunisiennes s’adonnent à des parties d’abattage de chiens errants. De pauvres bêtes sans défense  sont exterminées par les autorités.
Ils appellent cela un programme de contrôle des populations canines et une lutte contre la rage.Cette pratique barbare ne date pas d'aujourd'hui, ceci est employé  depuis l'ère "bourguibienne" comme solution de facilité face aux plaintes des citoyens et face à la propagation de la rage, une zoonose que les chiens errants sont accusés de propager. Chaque année des milliers de chiens errants sont abattus de la sorte et rien qu'en  qu’en 2015, les municipalités tunisiennes se sont félicitées de l’abattage de40376 chiens errants sous prétexte de lutte contre la rage . Mais est ce une solution pour  contrôler la population canine errante et pour limiter les risques de propagation de  la rage et d’autres zoonoses ?


Ces dernières semaines, beaucoup de voix indignées se sont levées contre cette pratique.  Sur les réseaux sociaux, des photos et des vidéos de chiens agonisants ont envahi la toile. Plus horribles les unes que les autres, ces publications n'ont fait qu'élargir la vague d'indignation face à ces meurtres voire exterminations atroces et brutales. Des citoyennes et des citoyens se sont mobilisés pour soigner certains chiens touchés par les balles et abandonnés à leur sort. 

©Le Monde des 4 pattes 


Plusieurs artistes ont rejoint la campagne et ont posté des vidéos dans lesquelles ils dénonçaient cette  pratique meurtrière  et proposaient différentes  solutions. 



Omar Hmida (acteur).



Souhir Amara (actrice)



Nejib Belkadhi ( acteur et cinéaste) 






Des membres d'associations  de  protection animale  insistent sur l’inefficacité de cette méthode barbare  comme c’est le cas pour Monia  Jaafar, volontaire pour la cause animale qui  se bat quotidiennement, par ses propres moyens,   pour sauver et faire adopter des chiens et chats errants nous a confié : « Abattre les chiens errants ne résout en rien leur prolifération. Une campagne de stérilisation massive sur tout le territoire, si. Qu'est-ce qui coûte plus cher aux contribuables que nous sommes ? Car oui, ces abattages sont ordonnés par les autorités et sont donc financés par nous qui regardons impuissants mourir ces chiens. Qu'est-ce qui coûte plus cher entre une campagne de stérilisation massive faite par des vétérinaires compétents  et les frais d'essence de tous les déplacements des agents municipaux, les munitions de chevrotine, etc…  Qu'est-ce qui est plus efficace ? Des méthodes aléatoires faisant souvent suite à des plaintes émises par des citoyens gênés par les aboiements où l'objectif est de faire du chiffre rien que du chiffre ? Ou la mobilisation de cabinets vétérinaires qui seraient chargés de localiser, stériliser puis remettre dans son environnement l'animal stérilisé ? Qu'est-ce qui est plus humain ? Massacrer aveuglément et infligeant une mort lente où les chiens rendent l'âme toute la nuit et sont retrouvés à l'aube baignant dans leur sang ? Ou contrôler la population canine de façon médicale et civilisée ? Qu'est-ce qui est plus serein pour les gens ? Entendre tous les soirs les déflagrations des cartouches et les hurlements des animaux en souffrance ? Ou mettre en place des cliniques mobiles de jour et non de nuit où les stérilisations auraient lieu proprement et humainement ?  
Gandhi disait "on reconnait le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite les animaux" et bien ce à quoi nous assistons est d'une grande barbarie où la  vie n'a aucune valeur strictement aucune !!!! Quelles sont les valeurs transmises à nos enfants ? Comment justifier ces horreurs ?  Il s'agit de la pire des maltraitances. Nous n'évoquerons même pas la maltraitance au quotidien que subissent chats et chiens : empoisonnement, queue coupée, brûlé vif. Nous ne parlerons même pas des combats de chiens d'une cruauté sans pareil. Ni de ce marché de la honte de Moncef bey où l'on y vend tous les dimanches dans des conditions inacceptables animaux volés ou élevés sans aucune réglementation ! Sous d'autres cieux, les animaux ont des droits et font l'objet de vénération ! La préfecture de Fukuoka au Japon a créé une application qui permet de découvrir la ville à l'échelle de chats ! Au Canada dans un service spécialisé de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer on a étoffé le staff médical et infirmier d'un chien qui avait pour vertu d'apaiser les patients ! Les exemples sont multiples ! Les bienfaits que procure un animal de compagnie sont innombrables et prouvées. Nous ne semblons pas le réaliser malheureusement en Tunisie. Alors les individus réagissent face à ces méthodes indignes chacun comme il le peut en diffusant sur les réseaux sociaux, en faisant adopter, en soignant. Certaines associations de protection animale existent mais hélas trop peu nombreuses et n'agissant pas à l'unisson. »

Les propos de Monia sont d’ailleurs confirmés par L’Organisation Mondiale de la Santé et l’Organisation Mondiale de  la Santé Animale ainsi que l’Alliance Globale Contre la Rage qui conseillent aux autorités locales,partout dans le monde, d’avoir recours à la stérilisation et la vaccination pour réduire la population canine et mettre fin à la rage, l'abattage étant une solution barbare et inefficace. 

De plus, la religion interdit ce genre de barbarie; le Coran affirme: "Nulle bête marchant sur Terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communautés" (verset, 6,38).Nous devons donc préserver la vie de ces pauvres bêtes sans défense. 

En outre, cette pratique  peut avoir d'autres répercussions négatives dont l'impact sur la l'image du pays  ce qui pourrait nuire au tourisme  comme le prouve une pétition intitulée"Appel au boycott mondial de la TUNISIE et du MAROC tant qu’ils massacreront les chiens errants!" . Le nombre des signataires de cette pétition lancée en avril dernier a dépassé les 23.500. 


Sur un plan pratique, la nuisance de l'utilisation des balles réelles n'est pas inférieure à celle des aboiments nocturnes des chiens. Les cadavres délaissés après ces parties de chasses meurtrières ne font qu'augmenter les risques de propagation  des maladies. Le coût des abattages  serait supérieur à celui des stérilisations et vaccinations. 


Pour ces raisons et pour bien d'autres, les autorités locales doivent revoir leurs politiques pour combattre les zoonoses et pour contrôler les populations canines. Elles doivent envisager  l'établissement d'autres plans moins coûteux  et moins atroces et  qui existent !


En attendant les défenseurs de la cause  canine  poursuivent leur mobilisation pour défendre ces pauvres animaux. Une manifestation devant le Ministère de l'Intérieur aura lieu le dimanche 29 mai 2016














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