lundi 4 novembre 2013

Walid Danguir une mort et deux versions. La torture serait elle toujours pratiquée en Tunisie ?



« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »
« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »
La déclaration universelle des droits de l’homme, articles 3 et 5

 Le terme "torture" désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s'étend pas à la douleur ou aux souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées par elles. Article 1 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du Haut-Commissariat desNations Unies aux Droits de l'Homme. 



Jabeur Majeri serait le premier prisonnier d'opinion tunisien après la fuite du dictateur Ben Ali, et aujourd'hui on présente Walid Danguir comme la première victime de la torture policière causant  la mort,de l'ère post- 'Zabaéenne ' ce qui n'est pas vraiment le cas puisque le cas de  Abderraouf Khamassi, père de famille décédé le 8 Septembre 2012 dans un hôpital de la capitale  après avoir subi la torture au siège de la brigade judiciaire de Sidi Hassine Sdijoumi  fut  antérieur à celui de Walid,mais  fut rapidement oublié dans le chaos et le brouhaha des évènement.  Ce qui n'exclurait pas l'existence d'autres cas similaires mais qui seraient  passés inaperçus et qui n'avaient pas été médiatisés. 

Selon les dires de sa famille, Walid Danguir aurait trouvé la mort dans un poste de police de l'un des quartiers avoisinant la capitale suite à son arrestation : il aurait été torturé sauvagement jusqu'à ce qu'il ait trouvé la mort. D'ailleurs des photos montrant des traces de torture tels que: des bleus, des ecchymoses graves, des traces de sang( une hémorragie) ayant coulé de son nez et de ses oreilles laissent à penser que cette version soit la vraie et ne font que la consolider. 



Photos prises du réseau social Facebook.  


L'autre version est celle de la police et qui avance que le défunt serait mort d'une  overdose de cannabis.  Une version moins crédible car l'overdose de cannabis ne laisserait ni les traces des menottes et ecchymoses sur le corps  ni un crâne fracassé d'un coup de matraque ou autre. 
Le Ministère de l'Intérieur a déjà annoncé l'ouverture d'une enquête par rapport à cette affaire. Néanmoins plusieurs questions se posent:

- Cette enquête serait elle sérieuse ou serait elle une énième enquête  sans suites comme ce fut la cas pour l'enquête  autour de l'affaire de Hamza Bel hadj Mohamed écrasé par une voiture de la police en Juillet dernier ou celle de Abderraouf Khamassi mentionnée ci-dessus et les exemples sont nombreux?
- Est ce qu'on peut vraiment parler d'une volonté pour réformer la police et le secteur sécuritaire en Tunisie quand on constate l'existence de ce genre de dépassements? 

- Quelle est la position des syndicats de la police par rapport à ce genre d'incidents voire crimes ? 

Si la version des parents se confirme, ce qui s'est passé serait un crime impardonnable. Les coupables, en cas d'inculpation doivent être jugés et les parents, les amis et les voisins  n'accepteraient jamais des propos tels que celui des syndicats de la police demandant la libération  des policiers inculpés des meurtres de nos martyrs pendant les évènements de la dite révolution et profitant ainsi de la vague de soutien et de sympathie déferlant à leur égard pour innocenter  des criminels. 

Les différentes rumeurs émises sur le compte du défunt ne justifieront jamais la torture qu'il aurait subi. Rien sur cette terre ne pourrait  justifier le recours à la torture. 

Walid Denguir a été inhumé hier le dimanche 3 Novembre 2013. Son cortège funèbre fut accompagné de centaines de personnes . Paix à son âme et espérant que justice soit faite dans son affaire. 





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