lundi 26 octobre 2009

Notes de lecture: Wounding Words


Lors de mon séjour Bostonien, on m’a invitée pour participer à une conférence ayant pour thème la crise et on m’a demandée de préparer un papier sur le sujet. J’ai décide que mon papier portera sur le thème de la crise identitaire de la femme tunisienne. Et j’ai commencé à faire mes recherches et a lire. J ‘ai demandé a mon père de me chercher des documents sur le sujet et j’ai consulté le catalogue de la bibliothèque Tisch de l’université de Tufts ou j’enseignais et a ma grande surprise j’ai trouvé des dizaines de titres évoquant la situation de la femme Tunisienne.

Parmi les livres qui ont attirée mon attention, il y’avait une nouvelle intitulée Wounding Words : a Woman ‘s Journal in Tunisia( Mots blessants : le journal d une femme en Tunisie).Le livre est la troisième nouvelle de l’auteure libanaise Evelyne Accad . La nouvelle est quelque part autobiographique, décrivant l’exil de l’auteure en Tunisie .Certes, le livre a un ton personnel traçant le voyage sentimental de la protagoniste principale en Tunisie, mais il décrit aussi le climat politique et la situation de la femme tunisienne pendant les années 80.Hayett une universitaire libanaise attachée a une universite Américaine se retrouve en Tunisie ; dans les cercles féministes de Tunis. Rapidement, elle se voit marginalisée : A chaque fois elle se heurte a un mur de mots blessants vu que les femmes tunisiennes appartenant a un mouvement féministe émergeant n’acceptaient pas sa liaison aux Etats Unis d’Amérique.

Moi ce qui m’a intéressée le plus c’est la description des relations hommes –femmes dans le livre. En effet, comme je l’ai déjà dit l’histoire évolue dans un cercle féministe, libre, et cultivé mais ce qui est surprenant c est la relation entre les protagonistes de la nouvelle et leurs conjoints, compagnons, maris ??

Elle décrit la schizophrénie apparente dans les comportements de ces hommes qui d’une part appellent a l’émancipation des femmes et a l’égalité entre les deux sexes et d’autre part traitent leurs campagnes d’une manière pitoyable. Elle parle d’une gauche qui prétend adopter les principes de la liberté et se comporte autrement.

Ce thème du livre m’a attirée le plus car partant de mon expérience personnelle cette situation existe encore. Vu que je côtoie les milieux de la gauche tunisienne j’ai pu constater la disparité entre les principes annoncés des hommes de ces cercles et leurs comportements réels dans la vie quotidienne : j’ai entendu parler de femmes battues par leurs compagnons « militants pour les droits de l’homme », j’ai vu des hommes qui après avoir partagé quelques bières avec une femme et des que celle-ci tournait le dos n’hésitaient pas a la traiter de pute. J’ai moi-même vécu une histoire ou deux ou le mec qui prétendait être ouvert d’esprit, cultivé et militant pour les droits des femmes n’hésitait pas à critiquer mes piercings, mes habits ou essayait de restreindre mes relations amicales avec d’autres hommes. J’ai vu des pères qui bien qu’ils étaient libres d’esprit et croyaient en la liberté des femmes ne pouvaient plus se contrôler quand il s’agissait de leurs propres filles.

Je sais que certains vont penser que je déconne en parlant de cela aujourd’hui alors que toute la Tunisie est concentrée sur ses élections, pardon sur sa mascarade. Mais moi je dirai que les résultats des élections on les connait tous et qu’il faut se pencher sur d’autres sujets aussi/plus importants. Il faut penser à avancer et à essayer de construire une société consciente et cultivée et cela ne se passera que par le biais des femmes, qui représentent plus de la moitie de la Tunisie et qui représentent une force de travail inégalée. L’égalité entre les sexes et l’émancipation des femmes sont les solutions or ce qu’on voit maintenant est un retour vers l’obscurantisme et l’ignorance. Quelques sujets traités par EL Hadded il y’a plus de 70 ans refont surface aujourd’hui comme le voile (on ne doit pas oublier les efforts des femmes comme Manoubia Wertani et Habiba Menchari) et la polygamie, d’autres n’ ont pas été étudiés sérieusement depuis le temps comme le sujet de l’égalité de l’héritage. Atteindre l’égalité entre les deux sexes est un devoir commun entre les hommes et les femmes et on n’y arrivera qu’à travers le changement des mentalités et leur évolution.


1 commentaire:

  1. Hélas, beaucoup souvent ne sont pas ce qu'ils disent ou écrivent. La Fontaaine était un père indigne et le premier à donner des leçons de morale. La cohérence avec soi-même, l'honnêteté intellectuelle sont des perles rares. Le "Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" est majoritaire. Que dire de médecins qui frappent femmes et enfants, sans même parler d'engagement politique ?

    Quant aux femmes, les nouvelles générations sont bien passives et bien hypocrites. Se faire offrir des strass D&G semble bien plus important que d'être indépendante et digne.
    Se faire "recoudre", ne pas assumer, se fondre dans le moule pour un petit confort du quotidien sans autre ambition que le tape-à-l'oeil... ça c'est la nouvelle vague féminine !

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