lundi 13 février 2012

Oman: Arrestation et détention au secret du défenseur des droits humains et blogueur M. Muawiya Al Rawahi

By Frontline Defenders

Le 4 février 2012, le défenseur des droits humains M. Muawiya Al Rawahi a été arrêté à Mascate, suite à la publication en ligne d'un article qui critiquait le gouvernement.
Muawiya Al Rawahi est actuellement placé à l'isolement dans un lieu inconnu. Muawiya Al Rawahi est un éminent blogueur et journaliste connu pour son approche directe de questions considérées taboues dans le sultanat d'Oman.
 
Muawiya Al Rawahi a été arrêté à Mascate par une branche spéciale de la police omanie, avant d'être conduit dans un lieu qui n'a pas été révélé, où il est placé à l'isolement. Il y a un risque important qu'il soit torturé ou maltraité durant sa détention, à cause de ses critiques du dirigeant omani, le Sultan Qabos. Nous ne savons pas si des charges ont été portées contre lui, mais nous craignons qu'il fasse l'objet de fausses accusations et qu'il soit condamné à une longue peine de prison.
Son arrestation et sa détention seraient liées à un article qu'il aurait posté sur son blog le 3 février 2012, intitulé "Pacte du Salut", dans lequel il critiquait le gouvernement Omani et ses dirigeants. Dans l'article, il écrivait aussi à propos de sujets liés à la religion et au sexe, et soulevait le cas d'un Général qui serait détenu pour espionnage. Cet article a généré un important débat dans la blogosphère omanie, principalement au sujet du blog et de la personnalité de Muawiya Al Rawahi. Cependant, l'article a été effacé depuis son arrestation.
 
L'arrestation et la détention de Muawiya Al Rawahi a eu lieu dans le cadre d'une vague de répression contre la liberté d'expression, qui cible ceux qui critiquent le gouvernement omani.
En septembre 2011, le journaliste M. Yousif Al Haj a été condamné à cinq mois de prison par un tribunal de première instance, avec le rédacteur en chef du journal Al-Zaman, pour "avoir insulté l'intégrité d'un fonctionnaire et pour mensonge". Le tribunal a ordonné la fermeture d'Al-Zaman pour un mois. Les accusations étaient basées sur un article écrit par Yousif Al Haj et publié par Al-Zaman, dans lequel il critiquait le Ministre de la Justice. Depuis juillet 2011, Yousif Al Haj a aussi été interdit d'écrire ou de publier des articles dans la presse omanie au nom d'un ordre du Ministre de l'Information. La condamnation a été maintenue par la Cour d'Appel omanie; elle est actuellement examinée par la Cour Suprême omanie (lire l'appel de Front Line Defenders http://www.frontlinedefenders.org/node/15862).
 
Front Line Defenders pense que l'arrestation et la détention de Muawiya Al Rawahi ont un lien direct avec ses activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains et l'exercice légitime de son droit à la liberté d'expression, y compris ses critiques constructives de ceux qui ont le pouvoir. Front Line Defenders est préoccupée pour l'intégrité physique et psychologique du défenseur lors de sa détention.
Front Line Defenders demande instamment aux autorités d'Oman de:
1. Libérer immédiatement et sans condition le défenseur des droits humains Muawiya Al Rawahi, car il semble qu'il soit détenu uniquement à cause de ses activités en faveur des droits humains et pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression;
2. Révéler le lieu où se trouve Muawiya Al Rawahi et de lui permettre immédiatement d'accéder à son avocat et à sa famille;
3. Garantir l'intégrité physique et psychologique de Muawiya Al Rawahi en toutes circonstances, et garantir que son traitement en détention soit conforme aux standards internationaux, en particulier l'Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement, adopté par la résolution 43/173 de l'Assemblée Générale, le 9 décembre 1988;
4. Garantir qu'en toutes circonstances Muawiya Al Rawahi puisse mener à bien ses activités de blogueur, sans pressions ou restrictions indues, et que tous-tes les défenseur-ses des droits humains à Oman puisse mener à bien leurs activités légitimes sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.
 
Voir mon ancien billet ici 

2 commentaires:

  1. La petite femme qui ne retient pas ses mots,
    Il y a en elle un grand et fort caractère.
    Néanmoins malchanceuse à cause de tous ses maux,
    Amusante, pleine d’entrain et de tant de mystères…

    qu'est ce que t'en conclus ? ;)

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  2. Bonjour
    Juste un vif remerciement pour le soutien que vous nous avez donné lors de la commémoration du "Samedi rouge-07 Fevrier", chez nous, à Madagascar.
    Nous aussi vous soutenons de tout coeur dans votre combat.
    Emma

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