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J'ai tué Jihed

Un jour j'ai été contacté par la grande écrivaine et militante féministe algérienne  Wassyla Tamzali pour écrire un texte dont le fil conducteur est "Les histoires minuscules des révolutions arabes."




Et c'est ce que j'ai fait . Mon petit texte intitulé "Jihed" était L' histoire classique du  jeune héros qui se fait tuer par balles en essayant de sauver la vie d'une jeune fille en pleine révolution. Les faits se déroulaient dans un petit village du coté de Sidi Bouzid. En écrivant mon récit je pensais à Regueb quant au titre qui est aussi le nom de mon personnage principal était celui de Jihed , un des blessés de la révolution que j 'avais rencontré l'un de ces jours au Ministère des Droits de l'Homme. En effet, face à l'indifférence des différents gouvernements transitoires, les blessés de la révolution y ont entamé à l'époque un sit-in pour réclamer leurs droits à des soins adéquats qui leur permettraient de reprendre une vie relativement normale. 

Jihed blessé par une balle au cou le  26 Février 2011 alors qu'il manifestait pacifiquement avec des centaines de jeunes Tunisiens, n'a jamais réussi à acquérir ses droits et je parle ici du minimum c'est à dire le droit aux soins. Il a frappé  à toutes les portes en vain. Il a fait des petits boulots pour pouvoir acheter les médicaments qui lui permettaient de lutter contre les douleurs qui déchiraient son corps et hantaient ses nuits.Mais il n 'a jamais réussi à garder  son poste à cause de ses problèmes de santé. Jihed n'a jamais perdu l'espoir. Il a toujours gardé son sourire et a toujours été présent dans toutes les actions défendant ou célébrant la Liberté. 

Cependant son calvaire semble ne pas avoir de fin. Jihed s'est vu collé un procès. On l'a accusé de faits et de crimes qu'il n'a jamais commis. Jihed a été condamné à une peine de prison pour un crime qu'il n 'a pas commis puisqu'il était toujours alité au moment des faits. 

Jihed refusant de perdre sa liberté qu'il chérit  tant a décidé de quitter le pays pour ne pas purger cette peine qui lui volera sa liberté et ses rêves. 

Aujourd'hui Jihed vit dans des conditions déplorables et je me sens coupable. Je me suis coupable face à mon incapacité de lui tendre la main et de l'aider . 

J'ai tué Jihed deux fois . La première fois c'était dans mon texte et la deuxième fois en étant dans l'incapacité de l'aider. 

Jihed n'est pas la seule personne a être dans cette situation. Des milliers de nos blessés de la révolution vivent toujours dans une situation alarmante. Certains d'entre eux sont même passés du statut de blessé au statut de martyr !

Entre temps nous nous "entretuons"… nous nous insultons les uns les autres en oubliant les vrais objectifs de notre révolution .

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