vendredi 20 juillet 2012

«Le jour où Nina Simone a cessé de chanter"


 Quand la libraire qui m'amenait de Toulouse à Tarbes pour assurer un débat et  la signature de mon livre à sa librairie m'avait parlé du livre de Darina Al Joundi, j'ai tout de suite eu envie de le lire. D'ailleurs, une fois sur place je l'ai illico acheté et je ne le regrette pas.


« J’ai compris notre vulnérabilité de femmes, on a beau être une vedette, médecin, une célébrité, au moindre faux pas la femme redevient femme, bête de somme qu’on enchaîne comme on veut». C'est la constatation amère avec laquelle Darine conclut son livre. Pourtant le texte est loin d’être un texte de désespoir. Mieux, c'est une leçon de courage et un message d'espoir.


Dans son livre : «Le jour où Nina Simone a cessé de chanter", Darine comédienne née au Liban d'un père syrien et d'une mère libanaise  nous relate sa vie de jeune femme libérée dans un Liban déchiré par la guerre civile: "Notre père était un réfugié politique syrien, titulaire d'une simple carte de séjour renouvelable tous les trois mois et notre mère libanaise ne pouvait pas, en fonction de la loi qui règne dans tous les pays arabes, nous transmettre sa nationalité parce qu'elle était une femme".

Son père un opposant au régime syrien assoiffé de liberté  lui a appris à être libre: "Mon père, loin de me faire la leçon, jubilait de mes bêtises. Il avait une passion barbare pour tous mes écarts. Dès notre haute enfance, je crois qu'il avait refusé son rôle de père, pour être complice de nos fautes, de nos errements et de notre réussite."Plus tard, Darine payera lourdement cette liberté, elle qui refuse de se soumettre aux règles de la société . Quand son père quitta la vie. Sa famille l'interna dans un asile psychiatrique parce qu'elle a refusé qu'on récite  le coran à l'enterrement de son père et parce qu'elle a choisi de vivre à sa manière: " Arrêtez ce Coran de malheur!Je ne sais pas pourquoi j'ai crié. Mais je devais crier pour ne pas trahir la promesse faite à mon père: ne laisser personne lire le Coran à son enterrement". 

Tout au long du livre, Darine nous raconte son combat quotidien pour vivre dans un Liban rongé par la guerre sectaire, la guerre des religions et des croyances, des idéologies. La mort, le sang, les balles, et les kalachnikovs font partie de son quotidien. Cependant, cette dernière se livre à une autre bataille à part celle de la vie. La bataille de l'égalité entre femmes et hommes et celle de la liberté. Une expérience pleine de souffrance et de douleurs mais aussi de moments d'amour et de bonheur ...

4 commentaires:

  1. "Arrêtez ce Coran de malheur!" : c'est un peu choquant. En tout cas la religion et la psychiatrie cherchent de tout temps à maintenir une certaine normalité au sein de la société ce qui entraîne souvent des atteintes aux libertés individuelles.

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  2. Merci pour ce billet, et cette belle découverte!

    Bonne continuation à vous!

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  3. pourquoi la censure ? pour ma critique de la psychiatrie ?

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  4. http://www.youtube.com/watch?v=lIpRhGvrqGE lisez le livre! gardez la vidéo!

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