dimanche 1 juillet 2012

Hier, violente je voulais l’être ...

Hier j'ai eu l'occasion de vivre de vrais moments de bonheur et de joie- de -vivre. Hier j'ai pu savourer des instants de gaîté, de contentement, de sérénité et de béatitude. Tout d'abord, j'ai commencé à me réconcilier avec moi même et je me suis libérée pour la énième fois. Oui j'ai libéré mes mots, emprisonnés depuis un bon bout de temps. Mes mots qui, jadis, coulaient à flot et jaillissaient du fond de mon cœur ont à un certain point tari. Les raisons sont multiples: le malaise général hantant les Tunisiens, la vague d'obscurantisme envahissant le pays, la fatigue, l'incertitude...

Hier j'ai eu enfin le courage de mettre en ligne un texte qui m'est si cher...un texte que j'ai mis au monde depuis au moins une semaine et que je comptais partager anonymement oui anonymement moi qui avais toujours fait le choix d'écrire en affichant mon vrai nom et ma photo d'identité ...le texte est plein d'obscénités, d'indécences, de grossièretés, d' inconvenances,  et de cochonneries... Mais je n'ai dit que la vérité...Certes, je pouvais écrire la même chose, faire les mêmes constatations et tirer les mêmes conclusions dans un Français éloquent et tout en utilisant des termes scientifiques et un jargon bien spécialisé  ... Néanmoins j'ai fait le choix d'écrire en dialecte tunisien dénudé de toutes métaphores et de toutes figures de style généralement utilisées pour ornementer la laideur et adoucir la violence...Hier, violente je voulais l’être ...

Hier j'ai pris la décision de publier le texte sur mon blog et non pas anonymement. Je n'étais pas saoule comme une polonaise comme beaucoup de personnes l'ont cru. Je revenais d'un débat très intéressant organisé dans le cadre du marathon des mots de Toulouse et j'étais bien dans ma tête. J'ai relu mon texte maintes fois avant de décider de le publier et quand j'en fus vraiment convaincue je l'ai fait sans hésitation. 

Hier, violente je voulais l’être ...Hier je voulais faire mal ... Moi qui vis dans la douleur depuis des mois et des mois. Moi qui se sens étrangère dans sa patrie. Une patrie qui m'est si chère et si aimée. Moi qui sens que cette patrie m'a été confisquée ...

Pour la énième fois, j'ai reçu des insultes, des menaces . Mais pardonnez mon impolitesse "je m'en bas les couilles". Oui face à la médiocrité face à la bassesse je ne peux être qu'impolie. J'ai parlé de bordel , de sexe, de culs, de seins, de pénis... de tabous pour certains . Qu'une femme vous parle de sexe vous dérange , vous irrite, vous choque, voire vous torture et croyez moi c'était le but. Hier, je m'amusais et je riais à vous voir vous hâter pour faire des captures d'écran de mes commentaires et de mon texte que j'ai moi même partagé un peu partout sur la toile, les accompagner de vos phrases usées par une répétition monotone, les mêmes phrases que vous utilisez différentes circonstances .  occasions. Soyez créatifs , Nom de Dieu ! Vous m'ennuyez avec votre manque de créativité!  
C'est rigolo de voir des gens prétendant être les protecteurs des mœurs et de la religion blasphémer et utiliser des cochonneries tout comme moi la pétasse qui vous dérange tant!!!

Je vous remercie vos réactions m'ont fait vivre de grands instants de bonheur. Les brebis se sont révoltées...Elles ont abandonné le berger ou elles ont été abandonnées par le berger ( il s'est enfui et s'est réfugié chez les wahhabistes de l'Arabie Saoudite ) et ont commencé à tâtonner leur chemin toutes seules. Oh comme je vous aime chères brebis ... insultez, insultez, et insultez oh comme cela me fait du bien .. Je n'ai jamais cru que vos langues se déliraient de la sorte et j'en suis contente. 

Hier, j'ai eu droit à un deuxième orgasme spirituel et intellectuel. Lors d'une lecture de textes et d'un débat dans le cadre du marathon des mots de Toulouse, j'ai eu l’opportunité d'entendre certains passages de mon opuscule( de mon torchon comme certains d'entre vous et comme certains des fidèles servants de votre cher ZABA l’appellent), lus par la grande actrice talentueuse qui l'est Elizabeth Masse . Mes larmes ont coulé et je me suis réconciliée avec mon texte que je haïssais tant ... Hier j'ai appris à aimer mes mots. 

Hier j'ai rencontré des Tunisiens dans un bar toulousain , des Tunisiens qui sont tout comme moi , des Tunisiens qui ne voient pas en moi ni une ET  ni  une marginale qui nage à contre courant  ...Hier j'ai rencontré pour la troisième fois un ami Égyptien qui partage mes opinions , qui vit comme moi ... Hier j'ai beaucoup ri, j'ai bien mangé , j'ai discuté de tout et de rien , j'ai marché sous la pluie ... Hier j'ai rencontré l'espoir , j'ai rencontré la vie .

4 commentaires:

  1. Bravo Lina, l'espoir et la vie ne doivent jamais t'abandonner :) Continue à écrire et à t'exprimer sans penser aux réactions des uns et des autres.

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  2. Chère Lina,

    Je sais bien que "Le désespoir est une forme supérieure de la critique (pour le moment nous l'appellerons bonheur)..."dixit Léo Férré...
    mais :
    tu es bien trop jeune pour être aussi désespérée !

    Avec tes mots tu peux faire bouger bien des choses... tu as raison de ne pas les retenir.

    « Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. »
    de René Char
    COURAGE
    http://www.jeanpierrevarlenge.com/

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