vendredi 6 mai 2011

La lutte Continue (2)

L 'Académie des Arts de Berlin : Akademie der Kunste  nous a invités Yassine Ayari et moi pour parler de l 'évolution de la révolution tunisienne.



Après une introduction faite par le président de l'Académie, j 'ai parlé de l 'évolution des évènements de Sidi Bouzid avant 14 Janvier puis j 'ai parlé de la violence qu'ont subi la journaliste de Radio Kalima Marwa Rekik hier et le blogueur Bassam Bouguerra aujourd'hui . 

Témoignage du blogueur Bassem Bouguerra

Suite à mon intervention, Yassine a expliqué la raison pour laquelle il a choisi de parler en Arabe . Puis il a expliqué qu'il avait préparé une présentation mais qu'il a changé de sujet puisque la situation en Tunisie est dramatique. Il a montré des photos montrant des violences commises par les policiers sur des citoyens  prises à Tunis  aujourd'hui. Il a  expliqué que la Tunisie n 'a pas encore fini sa révolution. Il a aussi évoqué l 'indifférence du gouvernement et des partis politiques par rapport aux opinions des citoyens tunisiens  qui ont beaucoup sacrifié pour cette révolution. Il a fini son intervention par l 'expression de sa   grande  tristesse ainsi que sa profonde douleur par rapport à  la situation que vit le pays. ( voir vidéo ici

Des représentants de l 'Ambassade tunisienne à Berlin faisaient partie de l 'audience. L 'un d'eux:


a tenu un discours digne de l'ère de Ben Ali : une langue de bois, des arguments Zabaiens etc .... J 'ai eu  l'impression de regarder TV7. Il a insisté sur le fait que tout allait bien en Tunisie, que les jeunes qui manifestaient voulaient  créer des problèmes et qu'ils ne savaient même pas ce qu'ils étaient entrain de faire  etc et qu'il n'y avait aucune raison pour manifester ou sortir dans lessrues.Je n 'ai pas pu contenir  ma colère  et j 'ai demandé à Yassine de me laisser le malheur de répondre à son discours. J 'ai expliqué que ces jeunes défendaient leur opinion et que le gouvernement est entrain de nous prendre pour des cons. J 'ai ajouté que même si ces jeunes étaient fautives il est inadmissible qu'ils soient tabassés par les policiers et que des journalistes ont été molestés aussi. Et puis les gens ont posé plusieurs questions et Yassine et moi y ont répondu. Ils voulaient trouver le moyen pour nous aider. Ils voulaient connaître le rôle de l'art et des artistes dans la révolution. Et puis une deuxième personne de l'Ambassade est intervenu:

  
Il jouait le malin en disant que ce que nous disions est logique et vrai mais que la façon dont les choses sont faites est inacceptable. IL a avancé l 'argument économique ( un argument Zabaien bidon). Il a ajouté que les jeunes ne réfléchissaient pas et ne s'organisaient avant d'agir. ..

Une question de de la part du président de l'Académie  m'a énervée. I la parlé de l 'immigration clandestine et de ses répercussions sur les pays européens. Là j'ai répondu que c'était un faux problème et que  la Tunisie vivant une période critique reçoit chaleureusement les réfugiés libyens par centaines de milliers alors que  l'Europe a tiré la sonnette d'alarme pour quelques milliers d'immigrants. Yassine a  par la suite répondu à différentes autres questions telles que le rôle d 'El Jazeera et son opinion par rapport à cette chaine. Il a  aussi parlé du rôle de l 'Europe et a mis l 'accent sur  la nécessité de couper avec les vieilles pratiques dont le soutien des dictatures. 

Suite à la conférence Yassine a eu une discussion avec une femme qui se dit journaliste tunisienne et qui regrette le départ de Ben Ali. 










Ils s'attendaient à ce que nous disons que tout allait bien mais nous n'avons par l'habitude de dissimuler la vérité. Le combat doit continuer. (Merci Yassine pour le beau travail d'équipe) 
Mon soutien absolu à toutes les personnes que la police n'a pas respecté. Vive la liberté ! Vive la liberté de s'exprimer!

8 commentaires:

  1. Chere bloggueuse je vous respectais bien avant le 6 mai.11 mais là c'est vous qui parlez avec une langue de bois car vous estimez que toute personne qui n'est pas d'accord avec vous est un fifre de ZABA. Elle sera belle notre democratie...

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  2. cher commentateur anonyme: je n 'ai pas l'habitude de répondre aux anonymes mais là je le fais.Tout d'abord que tu me respectes ou pas n'affectera pas ma vie.Puis il y'a une communauté tunisienne qui se connait bien à Berlin, puis ces gens là sont de toutes façon repérable Je sais de quoi je parle .Super de les défendre et de défendre leurs conneries alors que des tunisiens subissent des violences .Continue !

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  3. J'apprécie beaucoup votre travail d'information et votre position politique. J'imaginais déjà que le parcours vers la démocratie réelle serai long et plein d'épines, mais le combat n'ai pas fini là, et il faut tenir dur. Quand à l'"Europe démocratique (je parle des gouvernements) il y a pas mal d'hypocrisies". Cette fameuse aide je dois encore la voire. Courage!!!

    Jacques Centonze
    Trieste (I)

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  4. Deux constats et deux questions :
    Ces deux diplomates n’avaient rien à faire dans cette réunion. Leur mission est ailleurs.
    A la rigueur l’ambassade pouvait, par courtoisie, dépêcher un Conseiller ou un Attaché culturel comme simple observateur.
    De quel droit et au nom de qui ces diplomates expriment une opinion ? Ont-ils reçu des instructions de leur ambassadeur pour intervenir dans un débat ?
    Leurs propos reflètent-ils la position officielle du gouvernement tunisien ?

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  5. Bonjour Lina,

    Juste une information pour toi, sur ce qui se passe en France en lien avec ce qui se passe en Tunisie. Tu avais peut être l'information, sinon tu peux lire ces articles sur l'attitude du gouvernement français vis à vis des tunisiens.

    Libération de tous les Tunisiens incarcérés !

    http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article4216

    http://www.tunisiefocus.com/201105046622/politique/tout/140-tunisiens-renvoyes-dans-la-rue-a-paris.html

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  6. je croit que tant qu'ont accepte pas qu'il faut accepter l'avis contraire une révolution n'est pas réussi ,tant que la violence prend le dessus sur le discours notre révolution n'est pas gagner ,tant que les paroles portent la violence ou l'haine ou cole des étiquêtte a celui qui pense autrement ,cet révolution est perdu ,alors sauvons cette belle chance de changement vers le meilleurs et non vers l'obscurité.FILLE DE SIDI BOUZID.

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  7. j'ai adoré le discours de BCS .MERCI monsieur pour ton intégrité.

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  8. Je viens de découvrir votre blog, et depuis, je suis vos commentaires récents sur la situation en Tunisie,(j'ai abordé le sujet sur mon blog http://bit.ly/j9xaAO ) dont j’apprécie la justesse du ton et partage l’émotion. Les scènes diffusées sur les chaines TV (le matraquage de journalistes, et en particulier féminins) sont écœurantes et indignes d’un Pays ayant offert (pas si longtemps) au Monde (enchanté !) une Révolution de Jasmin, palpitante de sincérité et d’espoir !
    Quel décalage ! Comment une Révolution balbutiante (encore) peut-elle produire des scènes si brutales, où des citoyens (des femmes qui plus est !) sont molestés publiquement, avec acharnement et sans état d’âme, pour le seul motif qu’ils expriment leur opinion ? Le journaliste en général, et la femme Tunisienne en particulier, ne méritent aucunement un tel comportement, eux si téméraires qui ont nourri (chacun par ses apports propres) la naissance du Mouvement plus connu sous l’expression « la Révolution du Jasmin » !
    Je suis comme vous, consterné par l’évolution des événements en Tunisie : elle dont l’image de réussite (économique/culturelle) suscitait l’admiration partout, et surtout dans un monde Arabo-musulman en déclin, et qui a, par sa détermination, provoqué l’étincelle qui, à son tour a fait « sursauter « le monde Arabo-musulman de sa légendaire léthargie !
    Bravo pour votre persévérance à couvrir les événements (déplaisants pour le moment) de votre Pays, et je ne vous apprends rien en vous disant que pour toute « épreuve de force », la délivrance est au bout du parcours…Donc tenez bon, et gardez le cap ! Et vive la Tunisie démocratique !

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