vendredi 20 janvier 2012

Enseignant Retrouvé Mort à Séjnane: Qui se cache derrière ce crime?

Hier je suis rentrée à la maison vers 16h30. J'étais vraiment épuisée. Et vers 17h j'étais d'ores et déjà   tombée dans les bras de Morphée. Vers 20h30, la voix de mon père qui me demandait si j'allais sortir ou pas pour vérifier s'il fallait faire entrer ma voiture dans le garage ou pas me réveilla mais je n'avais pas  eu la force de lui répondre. Pourtant, je devais sortir pour dîner  avec des amis.Le temps de leur envoyer un sms pour m'excuser et me voilà qui roupillai de nouveau.  Vers, 2 heures du matin, je fus réveillée par un coup de fil. Un ami , qui était dans tous ses états, m'informa qu'on avait trouvé un homme pendu les mains attachés derrière le dos. Jusque là, l'histoire me sembla plus au moins 'normale', un fait divers comme on en entend parler tous les jours. De nos jours, une bagarre familiale pour l'héritage, une dispute conjugale, un malentendu dans le quartier pouvaient conduire à un homicide. Mais dés que mon ami continua sa phrase j'avais commencé à trembler " On avait retrouvé Mr Yahia Sahbani , enseignant et père de trois enfants et membre du parti politique de gauche "Al Watad" pendu les mains ligotées  à Séjnane, j'avais commencé à chialer comme une gamine. 

Mes mains commencèrent à trembler et j'avais de la peine à garder mon téléphone portable entre les mains. Séjnane , ce petit village dont on avait beaucoup entendu parler ces jours-ci  suite à des cris au secours de ses habitants  à cause de l'établissement d'un émirat par un groupe de salafistes. Des salafistes qui avaient  établi leur prison et avaient commencé à appliquer leurs lois, à arrêter les gens et à les torturer au nom d'Allah! ( lire les articles de Libération ici et le Figaro ici ). Ce petit village lié dans ma mémoire au calme et à la beauté. C'est un petit coin paradisiaque paisible et vert  connu par sa poterie unique faite par les femmes, aujourd'hui obligées à rester chez elles sous les menaces de ces écervelés obscurantistes. 

Mon ami m'a informée qu'on  était en attente du rapport du médecin légiste.

Je me précipitai à la chambre de mes parents , des larmes chaudes glissant sur les joues. Je réveillai mon père et je l'informai de ce qui c'était passé. Et je retournai dans ma chambre, allumai mon ordinateur et commençai à écrire. Mais mon père me rejoignit et me força à  lâcher  ma machine et à me reposer.

Je n'avais pas pu m'endormir de nouveau. La situation m'inquiétait depuis un bon bout de temps. Quand des ONG et des journalistes ont dénoncé la situation à Séjnane , les autorités  avaient décrit cela comme des exagérations au lieu de se pencher sur le problème et assurer la sécurité des habitants du village. Certes le rapport du médecin légiste n'a pas été établi encore mais le fait que la victime  serait un adepte de l’alcool et qu 'il aurait été menacé de mort s’il ne s’arrêtait pas de boire fait surgir différentes doutes ...
Attendons le rapport du médecin légiste et espérons que nos peurs sont juste des exagérations autrement la situation dans le pays  aurait déjà pris un tournant dramatique et dangereux. 
«من قتل نفسا بغير نفس أو فساد في الأرض فكأنّما قتل النّاس جميعاً ومن أحياها فكأنّما أحيا النّاس جميعاً» المائدة 32

3 commentaires:

  1. Êtes vous sûre ce que vous avancez? il faudra je pense attendre le rapport d'enquête avant de s'avancer.
    En tout cas, ce qui se passe à Sajnène est révoltant. L'état et sa troïka sont complices de ce qui se passe. Les autres partis aussi sont complices car ils ont tous des réactions mollassonnes au sujet de Sajnène et évitent de rentrer en confrontation avec ces terroristes salafistes (à distinguer pour l'instant des islamistes "modérés").
    Il faut libérer ce morceau de notre chère Tunisie de ces envahisseurs barbares venus d'ailleurs (même s'ils ont des cartes d'identité tunisiennes), remettre en place un état de droit, ré-imposer la république.
    Il faut organiser la résistance contre ces hordes, rassembler les milliers d'indignés qui ne veulent plus marcher dans les rues la peur au ventre, et se déplacer en masse à Sejnane pour déloger ces fanatiques de gré ou de force. Une telle démarche doit être organisée par les partis politiques, par la société civile ou même par le web 2.0 comme c'était le cas avec Ben Ali.

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  2. J'ai bien écrit :Attendons le rapport du médecin légiste et espérons que nos peurs sont juste des exagérations autrement la situation dans le pays aurait déjà pris un tournant dramatique et dangereux.

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  3. Ce qui est certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'un suicide (les mains liées derrière), mais bien d'un acte criminel. Donc le rapport du médecin légiste ne peut que confirmer ce constat. La Tunisie n'a jamais été habituée à ce genre d'expédition radicale, surtout pour un enseignant sensé être pourvoyeur d'éducation et de lumière. Il faut juste chercher à qui profite le crime ! Le plus étonnant et inacceptable, c'est le silence du gouvernement et son incapacité à intervenir sur Sajnène et les incidents horribles qui la secouent depuis quelques semaines...

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