samedi 3 avril 2010

Zarzis Vivre ici


Il y'a deux semaines je suis allée voir le dernier film de Mohamed Zran avec Sula7fet .

Un voyage dans le quotidien des habitants de Zarzis , un voyage a travers les maux de toute une société, un voyage a travers les beaux paysages du sud tunisien .

Grace au jeu de la camera et aux choix musicaux nous nous trouvons impliqués dans les problèmes, les pensées, les croyances de chacun des personnages de Zran :
De Simon le droguiste juif , qui propose des remèdes qui agissent aussi bien sur les vieilles filles qui cherchent leur"Maktoub" aussi bien que les chèvres ayant des problèmes d'estomac a Fakhri le jeune cavalier qui ne quitte jamais son cheval et qui rêve de partir ailleurs et passant par l'instituteur progressiste, de gauche et athée ,qui nous parle de la protection de l 'environnement et des méfaits de la mondialisation ( il s'abstient de boire le Coca Cola un produit Américain )et qui classifie les jeunes de son village en différentes catégories: ceux qui se droguent , ceux qui se sont suicidés , ceux qui veulent partir , ceux qui sont dans les mosquées ceux qui sont des les bars , l'artiste maudit expulsé de la France qui se saoule dans les bars de Zarzis et nous amène dans son théâtre déserté et nous expose sa philosophie, au taxiste avec son taxi cabriolet,Kazimir le vendeur des bijoux et des souvenirs aux touristes sur les sables dorés des belles plages de Zarzis , tante Fatma la" hanenna " dont le fils est parti a l 'étranger et la jeune fille de Zarzis embarquée dans un mariage mixte mal vu par une société orientale .

Tous vivent en paix , malgré la différence de leurs religions et croyances ...

Zran nous a parle des maux de la société: le chômage , le suicide , la mondialisation , la pauvreté, l'immigration des jeunes par des moyens peu catholiques , du football comme opium du peuple tunisien , des jeunes qui sombrent dans l 'alcoolisme ou la drogue ou qui passent leurs journées dans les mosquées, du statut des femmes dans la société , des artistes incompris et marginalisés, de l' intégrisme ...

Le film nous parle de Zarzis mais ses faits, ses actions, et ses événements peuvent correspondre a ceux de n importe quel centimètre du sol tunisien .

Tout au long du film mon cœur a battu fort a plusieurs reprises , mes larmes ont coulé chaudes !

Des moments de pur plaisir et de douleur ...

6 commentaires:

  1. Zarzis...plus qu'un doc...c'est le message d'un artiste à l'autre artiste au bout du monde , c'est toute une culture, civilisation, histoire, une societé...c'est la Tunisie ce doc...

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  2. Lina, est-ce que tu crois que c'est une ineptie de la part de l'artiste que de tout mélanger ?

    Comme par exemple confronter le paradoxal du charlatan et de la piété.

    Est-ce que sa sensibilité et, peut être, son attachement à des choses qui sont profondément enfouies en lui, font qu'il fait la confusion entre ce que signifie vraiment le "Mektoub" et ce juif qui propose des remèdes ?

    Est-ce que les remèdes de ce juif contiennent de la magie ?

    Penses-tu personnellement que les filles décrites par cet artiste ont une définition correcte du "Mektoub" ?

    Peux-tu nous donner ta définition ?

    Que penses-tu du mariage et de cette situation des vieilles filles ?

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  3. par "Maktoub" ici je parle d'un mari (tout simplement)
    Concernant mon avis concernant le mariage (je sais pas si tu veux savoir mon point de vue personnel mais si c'est la cas), personnellement je suis contre le mariage comme une obligation sociale . Un mariage n 'est pas une obligation , ca doit être un choix personnel et non pas dicté par des traditions et des lois sociales.
    Sinon concernant ta question de la situation de ces vieilles filles , je n 'ai pas très bien compris ta question .

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  4. Je ne pense pas que tout mélanger est une ineptie de la part de l 'artiste.
    Les remèdes de ce juif je ne les ai pas essayés pour dire s'ils contiennent de la magie . Euuh non sérieusement je ne crois pas en la magie !!!
    Maktoub je crois qu'ici dans ce contexte et dans notre société c est la mariage .Je ne peux pas te donner ma propre définition du Maktoub ca n'existe pas dans mon dictionnaire a moi : mais des proverbes et des expressions idiomatiques autour de ce mot il y'en a plein : yjik el maktoub , ken kteb , eli maktoub 3ajbine lezem ychoufou 7ajeb el 3ine et bla bla bla

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  5. Le problème avec les films de ce genre c'est que les personnages sont plats.

    On connaît pas l'histoire de ces filles et elles se retrouvent dans une situation bizarre, même farfelue, avec ce droguiste...

    C'est pour ça que je te posais la question.
    C'est comme si la superstition se mélangeait avec le destin et les solutions rapides (droguiste) tout ça sur fond de malaise social : l'enjeu étant le mariage.

    Je trouve que c'est mal entrevêché...

    Mais comme le mariage ne représente pas pour toi, personellement, la forme du couple et de l'union, ce que je voulais savoir c'est quel avis tu portes sur ces filles justement.

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  6. LES VIEILLES FILLES

    J'aime les vieilles filles. Et lorsqu'elles sont laides, c'est encore mieux.

    Les vieilles filles laides, acariâtre, bigotes ont les charmes baroques et amers des bières irlandaises. Ces amantes sauvages sont des crabes difficiles à consommer : il faut savoir se frayer un chemin âpre et divin entre leurs pinces osseuses. Quand les vieilles filles sourient, elles grimacent. Quand elles prient, elles blasphèment. Quand elles aiment, elles maudissent. Leurs plaisirs sont une soupe vengeresse qui les maintient en vie. Elles raffolent de leur potage de fiel et d'épines. Tantôt glacé, tantôt brûlant, elles avalent d'un trait leur bol de passions fermentées. Les vieilles filles sont perverses. C'est leur jardin secret à elles, bien que nul n'ignore leurs vices.

    Les vieilles filles sont des amantes recherchées : les esthètes savent apprécier ces sorcières d'alcôve. Comme des champignons vénéneux, elles anesthésient les coeurs, enchantent les pensées, remuent les âmes, troublent les sangs. Leur poison est un régal pour le sybarite.

    L'hypocrisie, c'est leur vertu. La médisance leur tient lieu de bénédiction. La méchanceté est leur coquetterie. Le mensonge, c'est leur parole donnée. Elles ne rateraient pour rien au monde une messe, leur cher curé étant leur pire ennemi. Le Diable n'est jamais loin d'elles, qui prend les traits de leur jolie voisine de palier, du simple passant ou de l'authentique Vertu (celle qui les effraie tant). Elles épient le monde derrière leurs petits carreaux impeccablement lustrés. Elles adorent les enfants, se délectant à l'idée d'étouffer leurs rires. Mais surtout, elles ne résistent pas à leur péché mignon : faire la conversation avec les belles femmes. Vengeance subtile que de s'afficher en flatteuses compagnies tout en se sachant fielleuses, sèches, austères... C'est qu'elles portent le chignon comme une couronne : là éclate leur orgueil de frustrées.

    Oui, j'aime les vieilles filles laides et méchantes. A l'opposé des belles femmes heureuses et épanouies, les vieilles filles laides et méchantes portent en elles des rêves désespérés, et leurs cauchemars ressemblent à des cris de chouette dans la nuit. Trésors dérisoires et magnifiques, à la mesure de leur infinie détresse. Contrairement aux femmes belles et heureuses, elles ont bien plus de raisons de m'aimer et de me haïr, de m'adorer et de me maudire, de lire et de relire ces mots en forme d'hommage, inlassablement, désespérément, infiniment.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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